Une fois de plus, Caudéranaises et Caudéranais sont les « dindons de la farce » de la modernisation de leurs transports. Déjà, en 1998, lorsqu’il a été question d’implanter un tramway, les arguments entendus aujourd’hui par ceux qui refusent le « TramBus » avaient été largement développés. Vingt ans après, la très grande majorité de ceux qui ont la chance d’être desservis par ce tramway s’en félicitent. Dix ans après la tardive restructuration du grand quadrant Nord-Ouest de la métropole bordelaise, les opposants irréductibles à ce TramBus refusent de comprendre que leur quartier doit, aussi, s’adapter à l’évolution des modes de transports. Le dernier avatar de ce réaménagement est l’arrêt du Tribunal Administratif suspendant la DUP. Il fait suite au recours d’une association qui ne veut rien entendre du moindre changement du réseau de transports en commun, largement couvert par le tramway dans les autres secteurs. Ils l’avaient affublé du terme de « Diplodobus », mais ils se sont comportés comme de véritables « dinosaures ». Ce nouveau mode de transport est plus économique, plus souple car non prisonnier des rails, aussi confortable et au moins aussi rapide pour peu qu’on lui assure les priorités et les couloirs spéciaux nécessaires. Ils s’inquiètent de ne plus pouvoir garer leur voiture face à leur porte d’entrée, et d’être empêchés de prendre le volant pour acheter le journal ou le pain. Le bus est, à leurs yeux, le seul fautif de la circulation saturée. Il est jugé comme l’âne des animaux malades de la peste !

Des trois grands axes de déplacements qui avaient été arrêtés en 2007 pour ce quadrant Nord-Ouest, seul celui qui traverse les communes voisines (Le Bouscat, Bruges, Eysines) a abouti. Les deux autres restent en souffrance. Celui qui passe par le secteur sud (Rue Pasteur et Capeyron/Les Pins) de ce grand quartier de 45000 âmes est sacrifié au profit des voyageurs en transit vers l’aéroport. L’autre, traversant le secteur nord (avenue Leclerc et De Lattre de Tassigny) vient d’être stoppé alors qu’il est l’axe naturel et le plus performant pour relier rapidement St Médard au quartier de la gare.

Pour diminuer, autant que faire se peut, une circulation automobile, aujourd’hui, surchargée et, demain, invivable, ce projet de Trambus peut être le moyen le plus efficace pour accélérer le transfert modal des déplacements. Il est temps de reconnaître que sur une voie structurante, l’encombrement d’un véhicule en stationnement ne doit plus être la norme lorsque le flux de circulation s’intensifie. Il est temps de cesser le petit jeu du renvoi de balle de responsabilités entre politique et judiciaire ; il n’a que trop duré. Il coûte à la collectivité. Il pèse trop sur nos impôts. Il aggrave notre qualité de vie. Il est temps de cesser les querelles boutiquières afin de préparer sérieusement les prochaines décennies. L’intérêt général le vaut bien.