Les non-dits : la spécificité des quartiers de périphérie
Le programme municipal d'Alain Juppé prévoyait la mise en place du stationnement payant à l'intérieur des boulevards de Bordeaux en considérant que, si le réseau de parcs souterrains en centre-ville était suffisant, il manquait des parcs de proximité dans les quartiers anciens ainsi que des parcs de rabattement sur les lignes de tramway et sur les lignes de bus.

Les quartiers périphériques ne sont pas évoqués alors que leur cas est totalement différent de celui du centre-ville et des quartiers anciens. Les questions liées à la circulation, au stationnement et aux carences en matière de places disponibles sont à analyser en fonction du niveau de service assuré par le réseau de transports collectifs et du nombre de places de parkings disponibles si l’on compare les zones intra et hors boulevards. Il est stupéfiant que le principe de stationnement payant adopté pour le centre-ville (stationnement de surface à rotation rapide limité à 2 h et au-delà stationnement en parc longue durée au tarif moyen de 18€ la journée) soit étendu aux quartiers périphériques sans qu'il soit tenu le moindre compte des situations très différentes qui existent en centre-ville et à la périphérie (Caudéran et Saint Augustin en particulier)

Caudéran : la lanterne rouge de la modernisation des transports
Le centre-ville est fortement maillé par le réseau de TC, avec 3 lignes de tram et les lianes principales, qui en convergeant sur le centre-ville, en assurent une couverture complète. A l’inverse, le quartier périphérique de Caudéran, le plus étendu des quartiers de Bordeaux et l'un des plus peuplés (45000 habitants), reste, pourtant le seul quartier où la restructuration des transports du quadrant Nord-Ouest amorcée il y a 10 ans n’est pas effective. Nous fêterons fin mars la commémoration de la première concertation publique de 2008 !
Caudéran n’est toujours pas desservi par un transport de grande capacité, rapide et fréquent de type TRAMWAY ou BHNS et depuis 2008 il a fait l’objet d’une dégradation continue de l’offre de transports sur sa ligne 16 structurante pour le secteur sud-ouest de ce quartier (abandon de la desserte du lycée de secteur Camille Jullian, de la gare St Jean et modifications incessantes de tracé qui l’ont mise à l’écart d’importante zones d’habitat collectif). Prétendre que Caudéran est bien desservi en additionnant toutes les dessertes pénétrant ou frôlant le secteur de Caudéran ne tient aucun compte de sa situation géographique (secteur excentré de transit sur l’axe vers St Médard) et des réalités vécues par ses habitants : des bus parcourant de longues distances corollaires d’aléas de circulation et de retards insupportables et des bus surchargés sont autant d’obstacles ignorés de cette vision technocratique.

Conséquence automatique de cette desserte insuffisante par les TC :
le taux d'équipement dépasse 1,4 VP/ménage pour les quartiers périphériques alors qu’il n’atteint que 0,4 VP/ménage pour le centre-ville. C’est, donc, par nécessité que les habitants de Caudéran et Saint-Augustin ont trois fois plus d'automobiles que ceux du centre. Ces populations plus jeunes, actives et obligatoirement mobiles, chassées du centre par le coût de l'immobilier, sont tributaires de leurs voitures pour gagner les zones périphériques d'activité. Pour ces résidents, le tarif résidentiel réclamé pour 2 VP par foyer n'est donc pas un luxe, mais un juste rééquilibrage de situations subies.
Les carences : parkings pour le stationnement de longue durée
Le centre-ville dispose d'environ 26 000 places de stationnement longue durée ; les riverains peuvent stationner moyennant des abonnements de l'ordre de 48 à 60€ par semaine ou de 96 à 120€ par mois. Ce tarif permet de stationner avec un coût raisonnable pour des durées supérieures à la limite de 2h des horodateurs. Mais Caudéran ou Saint-Augustin, en périphérie, en sont totalement dépourvus. Il n'y a aucune place de stationnement longue durée ; pour les non-résidents (employés, familles en visite, etc...) le coût journalier annoncé, 18€ si on peut déplacer sa voiture toutes les 2 heures et sinon 90€ pour 3 tranches de 3h est prohibitif.
Les conséquences en seraient dramatiques:
- pour les entreprises implantées dans ces quartiers périphériques mal desservis, incitées par leurs employés à se déplacer vers les zones d'activité de périphérie où le stationnement restera gratuit
- pour les commerçants de proximité, dont le maintien est indispensable à la vie du quartier et qui verront leur clientèle de passage se reporter vers les grandes surfaces de périphérie
On a ainsi de fortes chances d'assister à une disparition du tissu économique déjà fragile des quartiers périphériques au bénéfice des grandes zones d'activité de la périphérie (Mérignac Soleil, Bordeaux Lac, Berges de Garonne, etc...)

Aligner le mode d’exploitation « stationnement résidentiel » des secteurs périphériques sur celui du centre-ville sans tenir compte de leurs spécificités revient à condamner à court terme leur vie économique.
Notre demande : un autre mode de gestion : TENIR COMPTE DES CONDITIONS DE VIE DES QUARTIERS DE PÉRIPHÉRIE

Notre association demande instamment d’entendre le cri manifesté avec vigueur, de celles et de ceux qui se sentent incompris et méprisés, sans les taxer d’agitateurs irresponsables ou de contestataires systématiques.
Nous demandons d’entamer, sans tarder, les concertations nécessaires pour évaluer au mieux de l’intérêt commun de tous les résidents de cette zone F, mais également des employés qui doivent y travailler sans le statut de résident, en s’inspirant de ce qui est appliqué dans les communes voisines :

  • un tarif résidentiel adapté au taux de motorisation des ménages
  •  des périodes et systèmes de gratuité compatibles avec les achats de courte durée ou les activités familiales ou associatives (gratuité du samedi, jour creux sans tension sur le taux d'occupation de la voirie)
  •  un tarif non résident adapté à la journée de travail permettant de pallier l'absence de parcs de stationnement longue durée, etc....