Le constat
Depuis quelques mois les Caudéranais habitant dans une zone de 500 m à proximité des boulevards ont découvert les conséquences, sur leurs conditions de vie, de la mise en place du stationnement payant à l'intérieur des boulevards. Pour eux, le stationnement résidentiel est devenu pratiquement impossible car leurs rues sont envahies :
en journée, par les voitures des travailleurs pendulaires domiciliés dans les communes ou quartiers périphériques, qui viennent stationner au plus près de la zone payante, donc sur Caudéran, pour poursuivre leur trajet vers le centre-ville (payant) par les transports en commun.
en permanence, par les voitures ventouses, les secondes voitures chassées du centre-ville par le règlement qui y a été institué et qui réserve à ces véhicules un tarif prohibitif.
Les conséquences
Ils mesurent ainsi les conséquences dommageables sur Caudéran de la mise en place sur la zone intra-boulevards de modalités de stationnement payant mal conçues car elles ne prennent pas en compte les conditions de vie de ses habitants (seconde voiture) ou imposent des conditions financières prohibitives à ceux qui doivent y stationner car ils viennent y travailler sans pouvoir utiliser les transports collectifs.
En janvier 2018 ils ont été informés des modalités détaillées envisagées par les services de la ville pour la mise en place du stationnement payant sur Caudéran et ils ont alors découvert qu'à la différence des habitants de plusieurs communes voisines ou d'autres grandes villes françaises :
Ils ne pourraient pas garder la seconde voiture (souvent indispensable à leur famille compte tenu de l'insuffisance notoire de la desserte de Caudéran par les transports collectifs) car, à la différence du centre-ville, aucune possibilité de stationnement longue durée n'est offerte alors que le tarif de stationnement correspondant serait prohibitif (30 € la troisième heure, ce qui peut atteindre un budget de 90 € par jour, soit 2300 € pour un mois de congé ou de maladie, et jusqu’à 28 000 € par an pour un stationnement 6 jours sur 7)
Il leur serait impossible de recevoir dans des conditions financières acceptables les visites de leur famille ou de leurs amis, des gardes d'enfants, ou employés de maisons, ainsi que des artisans ou prestataires de services divers.
Les comparatifs avec les autres villes
Ils ont découvert également, grâce aux associations qui ont étudié sérieusement les conditions de stationnement payant et ont fait toutes les comparaisons détaillées avec les 20 plus grandes villes de France que Bordeaux était la ville de France :
- où le nombre de places de stationnement payant sur voirie serait le plus élevé (7 pour 100 habitants)
- où la durée de stationnement autorisé (2h) était la plus faible ( la moyenne des 20 plus grandes villes étant de 6h)
- où le stationnement longue durée était de très loin le plus onéreux car 5,6 fois plus cher que la moyenne, (3ième heure à 30 € , soit 2 fois plus que Nice (15€), 3 fois plus que Paris (10€), 6 à 10 fois plus que Marseille (5€), Lyon, Toulouse, Nantes (4€), Lille (3€), et 15 fois plus que les 2€ de Montpellier et Strasbourg !).
Le tarif bordelais leur est donc apparu prohibitif et s'apparentant plus à un nouveau racket fiscal qu'à la juste rétribution des coûts d'exploitation. Sinon comment expliquer de telles différences avec les autres villes françaises ?
Ils n'ont bien sûr pas compris pourquoi un tel dispositif avait été proposé de façon non concertée et sans que les services de la ville aient effectué les comparaisons préalables indispensables, qui auraient pu éclairer les élus, et que seules les associations ont réalisées et publiées.
Concertation aléatoire
Le 28 février 2018, après avoir consulté les commissions permanentes mobilisées quelques jours avant sur le dossier stationnement, mais sans recevoir malgré leur demande les associations qui travaillaient sur ce dossier depuis début décembre, le maire de Bordeaux a annoncé certaines adaptations apportées aux modalités initiales régissant le stationnement payant :
- nouvelle grille tarifaire portée de 3h à 4h15 (4h de stationnement pour 15€ en zone rouge et 13,6€ en zone verte)
- Forfait Post Stationnement porté de 35 à 30€ en zone roue et de 30 à 25€ en zone verte sous condition d'un règlement dans les 24 heures
- pour les artisans et commerçants, 1 abonnement professionnel de 30€ pour tout local implanté sur Bordeaux
- pour les professionnels de santé visitant à domicile : 1 abonnement professionnel de 30€ par véhicule et non plus 1 seul par professionnel résident
Adaptations insuffisantes
Mais ces adaptations sont apparues très insuffisantes, beaucoup trop éloignées des conditions accordées par les villes de même catégorie et ne prenant absolument pas en compte les conditions de vie des quartiers périphériques (transports collectifs insuffisants et absence de parkings longue durée) en comparaison avec celles offertes en hyper-centre.
La mobilisation des habitants continuant, ces mesures ont été complétées le 12 mars 2018 par :
- la gratuité pour les professionnels de santé se déplaçant à domicile selon des critères établis avec les ordres professionnels
- la création en zone verte d'un second abonnement résidentiel le samedi pour 10€ par mois
- la mise en place d'une commission de régulation chargée d'examiner chaque situation particulière
- l'abandon de l’extension envisagée du stationnement résidentiel en dehors des boulevards
Ces mesures et en particulier cet abandon ne règlent :
- ni le problème des reports de stationnement (voitures ventouses et stationnement pendulaire) en bordure des zones payantes (ce qui imposera de reconsidérer cet abandon)
- ni celui de la seconde voiture pendant les périodes inévitables de stationnement longue durée (congés annuels, RTT, arrêts de travail,…). Or cette voiture est souvent indispensable en cas de desserte insuffisante par les transports en commun,
- ni celui des visites familiales
- ni celui des salariés non-résidents sur leur zone d'emploi et mal desservis par les transports en commun.
Les associations demandent donc
- qu'une véritable concertation soit mise en place de façon à régler tous les problèmes en suspens dont celui des reports de stationnement,
- que les modalités d'application proposées aux bordelais tiennent compte des spécificités de chaque quartier
- et qu'elles soient mises en cohérence avec les modalités adoptées par les autres villes françaises de taille comparable ou par les communes voisines
A cet effet une conférence de presse est organisée

 Le samedi 24 mars à 11h

Devant la mairie de Bordeaux
Appuyée par un rassemblement des associations, appelé à 10h30, cette conférence de presse permettra d’exprimer aux autorités municipales, notre refus des modalités actuelles qui ont été imposées sans réelle concertation.